Ce qui fait évènement !

Par Geneviève Valentin.

Le CHS Sainte-Marie de Privas en Ardèche a accueilli l’ACF Rhône-Alpes avec la projection du film Une vie animée – Le destin inouï d’un enfant autiste. Le public nombreux (plus de 70 personnes) et jeune (étudiants infirmiers et moniteurs éducateurs) fut une surprise renouvelée par la qualité du débat animé par Hervé Damase, psychanalyste et membre de l’ECF.

Cette soirée, sous le signe de la découverte pour certains, fut remarquée par sa convivialité et la richesse des échanges. Au-delà de la portée clinique du documentaire sur le réel de l’autisme, la portée politique a pu se faire entendre par la position des parents, et surtout du père d’Owen Suskind. Il ne renonce pas et fait le pari d’un dialogue possible avec son fils, malgré le retrait autistique dans lequel il est enfermé depuis des années.

Au moment où Owen, pour la première fois, sort de son silence pour répéter avec insistance une des répliques dans un film : « Just a voice », ses parents ne réduisent pas le phénomène à l’écholalie que les médecins qualifieront comme telle, mais entendent sans comprendre la portée majeure pour leur fils de cette parole hors sens, mais de jouissance du son. Ils supposent qu’un sujet parle. Il y a ce moment très émouvant où Ron Suskind se saisit d’une marionnette d’un des personnages de Disney, favori de son fils, et qu’il parle à Owen par personnages interposés, Owen, pour la première fois depuis des années, répond par la voix de l’autre personnage. Son père reste dans le rôle et la voix du personnage comme condition à ce dialogue, qui sera le premier d’autres à venir. Des passages furent commentés, qui mirent en valeur la portée éthique que soutient la psychanalyse par l’appui pris sur les intérêts du sujet sans chercher à les éradiquer ou à les classer au rang d’un déficit.

L’autisme nous confronte à la radicalité du rapport de l’être parlant avec le langage et s’en enseigner a pu ce soir là se partager avec simplicité.