édito

#StayTuned n°8

Vendredi 16 février 2018. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
On sera au CERA
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Autisme et parentalité, tel est le thème de la première journée d’étude du tout nouveau Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Autisme qui se tiendra à Paris le 10 mars. Avec ce thème, le CERA se collette avec le cliché le plus répandu dans les médias : les « psychanalystes-qui-culpabilisent-les-mères ». Nul doute que cette journée d’un type inédit retiendra l’attention des lectrices et lecteurs de notre Blog. Vous lirez l’article de Christiane Alberti à ce propos.
Vous lirez aussi la belle et forte interview de Mireille Battut présidente de La Main à l’Oreille.
Nous serons nombreux à nous retrouver le 10 mars à la Maison de la Chimie pour affirmer la nécessité du libre choix des méthodes d’accueil et d’accompagnement des autistes.
Le quatrième Plan autisme devrait être rendu public sous peu. Dans un communiqué sibyllin (lire ici), des organisations de professionnels, d’usagers et d’établissements s’alarment des orientations que prendrait ce plan et en particulier concernant les hôpitaux de jour pour enfants. On en apprend davantage dans un communiqué bien plus explicite (lire là) d’une organisation de psychologues, la FFPP, qui évoque la disparition du préfixe psy de tous les documents de synthèse du comité de pilotage. Cette disparition, véritable opération sur la langue, augurerait-elle d’une chasse aux sorcières ? 2018-1984, même combat ?
Autre source sur le Plan autisme, l’Assemblée nationale. Le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques avait demandé une enquête à la Cour des comptes qui a rendu son rapport par la voix de rien moins que son premier président M. Didier Migaud. Le verdict est sévère sur la situation en France, il fait apparaître, comme nous l’avons plusieurs fois souligné ici, des carences graves dans les réponses apportées aux personnes autistes. Mais les solutions préconisées par la Cour ne remettent pas en cause – voire accentuent – les orientations des derniers plans qui pourtant n’ont que peu amélioré la vie des personnes autistes et de leur entourage. Par exemple, il en est ainsi avec la proposition de la création d’un institut national de recherche mono-orienté en neurosciences. On peut visionner ici cette audition et lire le rapport . Chacun.e se fera son idée.
Nous relèverons ici un certain glissement : au détour de trois phrases M. Migaud mentionne les personnes relevant des TSA (Troubles du Spectre de l’Autisme), puis élargit une première fois aux TED (Troubles Envahissants du Développement) qui correspondent à ce que l’on appelait jadis les psychoses infantiles, puis élargit encore aux « dys » et finalement aux… troubles du comportement. Qu’il se lève et s’avance celui qui n’a pas de trouble du comportement et qui pourrait échapper ainsi aux recommandations des autorités académiques et sanitaires. Dans ce glissement on voit finalement se profiler ce qu’on ne peut que nommer un projet politique qui vise à surveiller, normaliser et rééduquer les comportements. Où, encore une fois, il se démontre que la question de l’autisme ne se réduit pas à une catégorie clinique mais concerne tout.e un.e chacun.e.
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#StayTuned n°7

Vendredi 22 décembre 2017. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
Il y a un an déjà
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Laurent Dupont, que nous avons interviewé, tire dans cette nouvelle livraison de premiers fils de l’enseignement qu’il coordonne sur l’autisme. Sans dévoiler le programme, il présente aussi la journée du samedi 10 mars qui se tiendra à Paris sous le titre « Autisme et parentalité ». Il indique que les parents y auront toute leur place.
Il y a un an s’achevait « l’épisode Fasquelle ». On se souvient que ce député, mal inspiré, voulait rien moins que faire interdire la psychanalyse dans l’accompagnement de l’autisme et imposer les TCC, et ce, par le moyen d’une résolution qu’il entendait faire adopter par l’Assemblée nationale. Las, il dut déchanter. La pétition lancée par l’ECF et l’Institut de l’Enfant pour la diversité des méthodes recueillit en quelques semaines plus de 20 000 signatures, L’ANE sortit en quelques jours un numéro spécial, une délégation de l’ECF conduite par sa présidente Christiane Alberti fut reçue à l’Assemblée nationale qui, le jour J, vota très largement le rejet de la résolution. Nous avons alors pris la mesure du soutien que la psychanalyse rencontrait quand elle était attaquée et de la nécessité de prendre des initiatives pour donner une suite à la vague qui s’était alors levée. Le Blog La cause de l’autisme, la présente newsletter, la création du CERA lui-même sont des conséquences de ce mouvement.
Tournons-nous vers l’actualité dans le champ du handicap. Mme Catalina Devandas-Aguilar, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit des personnes handicapées, a rendu ses observations préliminaires (à lire ici) à la suite de sa visite d’une dizaine de jours en France au cours du mois d’octobre. Une enquête approfondie aura lieu dans les deux ans qui viennent. Mais d’ores et déjà, son appréciation est globalement sévère. Si elle relève des points positifs, elle met en cause de nombreuses atteintes aux droits des personnes handicapées en France. En particulier, elle prône la désinstitutionalisation.
C’est pourquoi elle fait de premières recommandations comme de fermer progressivement tous les établissements accueillant des handicapés pour leur substituer des services d’accompagnement de proximité. Elle demande aussi au gouvernement de prononcer un moratoire sur toute nouvelle admission en établissement.
Ces deux mesures ne manqueront pas de susciter des débats et sans doute des oppositions. Notons ici qu’elle mentionne la question de l’autisme. A ce propos rappelons-nous que le député Fasquelle, dans son argumentation en faveur de sa résolution, avait fait valoir qu’en 2014 le comité ONU des droits des handicapés avait critiqué la France pour sa prise en charge de l’autisme en mettant en cause la psychanalyse et en exigeant l’application des TCC.
Eh bien, il faut noter que dans le rapport de Mme Devandas-Aguilar, ces deux exigences ont disparues et en particulier la mise en cause de la psychanalyse. Cela n’est pas anodin, si l’on considère que d’autres approches comme les traitements psychiatriques ou le packing sont, elles, encore mentionnées comme problématiques. Faut-il y voir un signe que la campagne qui a été engagée par notre mouvement commence à porter ses fruits ?
Nous reviendrons de façon plus détaillée sur ce rapport qui annonce un changement complet de paradigme dans le champ médico-social et, donc, dans l’abord de l’autisme.

#StayTuned n°6

Vendredi 20 octobre 2017. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
Une suite
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Vous allez lire l’interview de Christiane Alberti, directrice du Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Autisme récemment créé par l’Ecole de la Cause freudienne. Elle y déploie ce à quoi répond ce Centre dans le champ de l’autisme ainsi que les moyens dont il se dote.
C’est un projet ambitieux qui compte contribuer utilement au débat autour de l’accueil et à l’accompagnement des autistes.
Après le dénouement heureux de “l’épisode Fasquelle”, nous avions indiqué qu’un mouvement s’était levé pour s’opposer à l’instrumentalisation de l’autisme à des fins politiciennes et qu’il aurait ses suites. Le CERA en est une majeure. Le Blog s’enrichit d’une nouvelle rubrique CERA où vous pourrez suivre ses développements ultérieurs.
Nous attirons votre attention sur l’excellent dossier Autisme du Blog « Apprendre. Désir ou dressage » des 47èmes Journées de l’ECF. A consulter ici : http://www.desiroudressage.com/category/autisme/
  

#StayTuned n°5

Vendredi 19 mai 2017. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
Printemps ?
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

La nette victoire de M. Macron au second tour de l’élection présidentielle permet le maintien de l’état de droit qui était menacé par Mme Le Pen et sa clique. Ce faisant elle autorise que se poursuive le débat démocratique autour de la prise en charge de l’autisme. La mobilisation n’aura pas été vaine. Elle aura ses suites.
Gala rapporte que, selon les auteures de Les Macron (Fayard), Caroline Derrien et Candice Nedelec, Mme Brigitte Macron, notre First Lady, se dit très sensible à la question du handicap et de l’autisme : «la souffrance et l’abandon que subissent les parents me touchent. On n’a pas le droit de ne pas les aider.» On aura remarqué l’usage de la double-négation qui est la marque d’une pensée subtile. Est-ce l’augure d’une approche équilibrée de la question de l’autisme ?
Nous saluons la nomination de Mme Agnès Buzyn, nouvelle Ministre de la Santé au sein du gouvernement de M. Philippe. Elle avait été nommée à la tête de la HAS en mas 2016. Nos lecteurs qui travaillent dans le champ de la petite enfance connaissent sa mère Etty Buzin psychologue et psychanalyste, formée par Françoise Dolto. Souhaitons que Mme la Ministre saura écouter les voix de plus en plus nombreuses qui s’élèvent pour promouvoir la liberté de choix des autistes, de leurs proches, et des professionnels dans la prise en charge de l’autisme.
Les 47èmes Journées de l’ECF (25 et 26 novembre 2017 à Paris) ont pour titre : Apprendre. Désir ou dressage ? Voilà un titre et un programme de recherche en phase avec les préoccupations de notre Blog. More coming soon
Last but not least. La remarquable étude des Prs Grollier et Maleval «Actualité de l’évaluation de la prise en charge des enfants autistes. De l’ABA à l’Affinity Therapy» fait le point sur l’expérimentation de la mise en œuvre de la méthode ABA : pas brillant comme résultat… A quoi ont servi les sommes considérables investies dans ces établissements comportementaux ? Et à qui ? On se le demande. Au-delà de ce bilan qui s’appuie sur les rapports officiels, les auteurs de cet article de fond font aussi le point sur les perspectives nouvelles pour la prise en charge de l’autisme bien plus réjouissantes et encourageantes. Un très grand merci à eux deux pour cette contribution majeure.
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#StayTuned n°4

Vendredi 31 mars 2017. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
#OnContinue
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Le 30 janvier dernier se tenait au Théâtre de l’Atelier à Paris une soirée spéciale pour la parution de Une vie animée, le destin inouï d’un enfant autiste. Ce livre du journaliste américain Ron Suskind, père d’un enfant autiste, témoigne de son soutien sans faille à l’intérêt spécifique de son fils pour les films Disney. Dans cette livraison, nous commençons à rendre compte de cette soirée avec deux textes, deux approches de la soirée elle-même et de la démarche de l’affinity therapy. Un texte de Myriam Chérel Perrin donne aussi son point de vue.

Le 2 avril aura lieu la journée internationale de sensibilisation à l’autisme.

La veille, le 1er avril se tiendra le Forum « Autisme et Fraternité ». Moment d’échanges, de parole, de témoignages, mais aussi moment de fête et de spectacles, il se tiendra à Paris aux Chapiteaux Turbulents 12, boulevard de Reims. Notre précédente édition a présenté l’évènement. Sur le Blog, à la rubrique C’est maintenant, on peut retrouver le programme et les renseignements pratiques. Autistes, parents, amis, praticiens, ont rendez-vous là-bas !

Comme on le voit, les initiatives pour faire vivre, mettre en acte et défendre le libre choix de la méthode de soins dans l’accompagnement de l’autisme ne manquent pas. Elles témoignent de la vivacité d’un refus de l’instrumentalisation de la cause de l’autisme et d’un désir qui ne se laissera pas conditionner.

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#StayTuned n°3

Vendredi 17 mars 2017.

Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
Festivités et mobilisation
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

L’ECF a lancé lundi dernier un Appel des psychanalystes contre Marine Le Pen dans la perspective des prochaines échéances électorales. A lire et signer ici : http://bit.ly/2mRhu4M
Il a d’ores-et-déjà rassemblé plus de 8000 signatures de soutien, il attend la vôtre et celles de vos ami.e.s.
La cause de l’autisme est concernée par cet enjeu. Que se passerait-il pour les autistes, pour leurs familles, pour les praticiens si Marine Le Pen était élue ?
Disons d’abord que c’est une éventualité qu’on ne peut raisonnablement exclure. La plus grande incertitude règne quant à l’élection présidentielle. On ne sait ce qui sortira des urnes, l’année 2016 a été riche en surprises qui ont contredit les prédictions. Sans parler des élections législatives qui suivront. Nul aujourd’hui ne se risque à pronostiquer, même à la grosse, comment sera composée l’Assemblée nationale.
La question de l’autisme est devenue une question politique. Nous l’avons bien vu avec le projet de résolution Fasquelle. Il a fallu une campagne en direction de l’opinion pour que la résolution soit rejetée par la majorité des groupes de l’Assemblée nationale – ce qui n’était pas acquis d’avance, et de beaucoup.
Qui a voté pour cette résolution, c’est M. Bompard, député du Vaucluse. Co-fondateur du Front National, il l’a quitté mais reste dans les mêmes eaux nauséabondes. Voici comment il a motivé son vote le 8 décembre dernier : «La résolution le dit, 44 % des personnes autistes sont victimes de violences par thérapies psychanalytiques imposées unanimement décrites comme inefficaces.» Et il concluait : «Je suis donc heureux de soutenir ce texte ambitieux. Il aidera les autistes, leurs familles et montre en creux quelques erreurs fondamentales qui continuent d’abîmer notre nation et même notre civilisation.»
Lisons aussi ce que disait Mme Marie-Christine Arnautu à propos du 3ème Plan autisme, elle, vice-présidente en charge des questions de handicap sur le site du FN. Elle «rappelle les engagements pris par Marine Le Pen et le Front National sur ce douloureux problème de l’autisme : Une prise en charge à part entière de l’autisme, socio-éducative, assortie d’un diagnostic précoce au lieu d’une approche psychanalytique, très néfaste.»
«Très néfaste»… Si par mal heur ces gens-là arrivaient au pouvoir, ils déploieraient sans retenue une politique visant à imposer aux autistes, à leurs familles et aux praticiens des méthodes conformes à leurs propres orientations. A méditer, non ?
 Finissons sur une autre note. La Main à l’oreille et plusieurs associations partenaires organisent le Forum «Autisme et Fraternité» qui aura lieu le 1er avril à Paris. Lire la présentation par Mireille Battut, le programme et toutes les infos sur le Blog. Un beau et fort moment de débat, d’échanges, de rencontres, de festivités… et de mobilisation s’annonce.
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#StayTuned n°2

Vendredi 17 février 2017. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
Pourquoi l’autisme
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Comment se fait-il que ce trait isolé par Eugen Bleuler dans la schizophrénie – terme forgé par soustraction de l’éros du concept freudien d’auto-érotisme –, devenu catégorie clinique, diagnostic concernant une part très réduite de la nosographie psychiatrique, converti ensuite dans les différentes versions du DSM qui y a rattaché puis inclus, dernièrement, les psychoses de l’enfant – dénommées Troubles Envahissants du Développement – comment se fait-il que ce diagnostic, disais-je, ait connu un tel succès chez les praticiens, et maintenant un tel engouement médiatique et finalement populaire ? Oui, l’autisme est maintenant populaire, on s’en revendique, on s’y reconnaît.
Il faut que quelque chose ait, comme le dit Jacques Lacan à un autre propos, cheminé cent ans dans les profondeurs du goût pour qu’un tel retournement s’opère.
Vous en doutez ? Eh bien voyez comment s’est développé outre-Atlantique et arrive maintenant en France le mouvement pour le respect de la neurodiversité. Ce courant affirme que l’autisme est un fonctionnement neurologique différent du fonctionnement typique. Encore une fois le Québec assure l’interface linguistique en traduisant en français des thèses américaines. Le représentant le plus connu de ce courant est le Dr Laurent Mottron, qui n’a pas de mots assez durs pour critiquer les thérapies comportementales en tant qu’elles nient la spécificité autistique et tentent d’imposer de force le modèle «neurotypique». Nous y reviendrons.
Il apparaît ainsi une tendance à faire de l’autisme un style de vie et à le faire reconnaître comme tel. Mais est-ce tout, cela suffit-il à rendre compte de la place qu’il occupe dans le discours contemporain ? Faire accepter le style autistique, ce serait juste lui faire sa place dans le catalogue des identifications collectives contemporaines : cloisonnées, clivantes, communautaristes.
Or il s’agit de plus que cela. L’autisme attire, fascine, suscite aujourd’hui l’admiration. Ne serait-ce pas que le parlêtre contemporain s’y reconnaît ? Qu’il y cherche des réponses à ses propres énigmes, en particulier à sa tendance à se retrouver «sans le secours d’aucun discours établi», «sans aucun discours dont il puisse faire lien social» (J. Lacan). L’autiste n’incarnerait-il pas celui qui sait se passer de l’autre quand la socialité tend à se racornir dramatiquement sur la toile des réseaux sociaux des GAFA ? Question à creuser.
Le Blog s’étoffe, de nouveaux rédacteurs ont rejoint l’équipe de rédaction.
Il se veut une base permanente d’action lacanienne dans le champ de l’autisme. Il s’agit d’intervenir dans les débats pour promouvoir le point de vue de la psychanalyse d’orientation lacanienne, pour témoigner et faire connaître les pratiques qui s’en éclairent et pour faire la critique raisonnée des autres approches.
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#StayTuned n°1

Vendredi 13 janvier 2017. Lire la lettre complète en cliquant ici.

EDITO
Un désir de servir
Par Jean-François Cottes, rédacteur en chef

Vous lisez la première livraison de la lettre d’information du Blog La Cause de l’autisme. Publication apériodique, elle suivra le cours de la vie du Blog et de l’actualité concernant l’autisme. Vous découvrirez ci-dessous les nouvelles contributions. Une rubrique veille est mise en place. L’équipe s’étoffe de rédacteurs qui animeront chacun une rubrique.
Revenons quelques semaines en arrière. Cette fois-ci nous avons vu le boulet arriver. Ce n’avait pas été le cas, il y a plus de dix ans avec l’amendement Accoyer. Il avait été voté à l’unanimité de l’Assemblée nationale sans que nous en sachions rien. La lutte avait été longue – plus de deux ans – pour annihiler ses effets sur la pratique de la psychanalyse et ramener à une proportion raisonnable son impact sur la formation des psychothérapeutes. Dans ce laps de temps le Sénat d’abord, l’Assemblée ensuite, avaient pris la juste mesure politique de la question.
La résolution Fasquelle, elle, est restée à l’état de projet. Elle n’a pas passé la barre, elle demeure dans les limbes. Il a suffi de quelques semaines pour que la mobilisation opère et que l’opération soit désamorcée.
L’ECF et l’Institut Psychanalytique de l’Enfant ont pris toute leur part dans cette action. On peut dire que les plus de 20 000 signatures de l’Appel pour le libre choix de la méthode de soin et contre l’interdiction de la psychanalyse dans la prise en charge de l’autisme auront été décisives. De même ont été essentiels le numéro spécial de LNA et les articles publiés notamment sur le Blog pour soutenir l’argumentation. Il est remarquable de retrouver cette argumentation dans les discours des députés lors de la fameuse séance du 8 décembre. Il faut dire que l’ECF et l’IPE s’appuient sur 30 ans et plus de recherche clinique et épistémique, de publications, d’engagement dans des expériences institutionnelles.
Nous voici en 2017. C’est cette année que doit être élaboré le 4ème plan autisme. Le président de la république a annoncé le 19 mai dernier qu’il « sera celui de l’apaisement et du rassemblement. » Il n’a échappé à personne d’un peu averti de ces questions que cela marquait une inflexion par rapport à l’orientation des politiques publiques. Cela indiquait qu’il fallait faire une plus grande place à la diversité des approches de la prise en charge de l’autisme. En tout cas, cela n’a pas échappé à M. Fasquelle dont la manœuvre de l’automne dernier visait à forcer la main au gouvernement pour que le 4ème plan autisme ne soit pas celui de l’apaisement et du rassemblement mais celui de l’exacerbation de la haine antipsychanalyse et de l’ostracisation des psychanalystes. Le coup a fait long feu.
Que va faire le ministère de la Santé ? On s’attend légitimement à ce qu’il tienne compte de la position qu’a prise l’Assemblée nationale, qui n’a pas accepté de se faire instrumentaliser sur le dos des personnes avec autisme. En accord avec Mme Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat aux Personnes handicapées, l’Assemblée a refusé d’exclure les psychanalystes de la prise en charge de l’autisme. Elle a refusé que l’on impose la méthode ABA.
On ne comprendrait pas que l’approche psychanalytique ne soit pas représentée dans l’élaboration du 4ème plan. La tâche de ce plan est immense. Les besoins de prise en charge, de soins, d’éducation, de scolarisation qui donneraient une juste place à la particularité des sujets autistes, à leur singularité, sont considérables.
Des psychanalystes pourraient utilement contribuer à la conception d’un tel plan d’action pour l’autisme. Le ministère de la Santé saura-t-il entendre ce désir de servir ?
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